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Alfred de Musset

Cinéma - 2012

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Si vous ne m'aimez pas, que faites-vous ici ?

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Mon courage lui faisait pitié.

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L'espérance est restée en route, et le bonheur a manqué de parole.

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Expliquez si vous pouvez.

Vous ne trouverez que deux corps, un là, l'autre ici, et entre eux, quoi ?

L'air, l'espace, l'immensité.

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Tu es jeune et vivante, et tu es belle, et tu m'oublieras.

Tu guériras du mal que je t'ai fait, si tu peux le pardonner.

[Octave]

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Le temps ! et ta beauté, et ton amour, et le bonheur, où seront-ils allés ?

Est-ce donc sans regret que tu me perds ainsi ?

[Octave]

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Combien de temps pour qu'elle m'oublie si je n'existe plus demain ?

combien de larmes ? aucune peut-être !

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Pendant que tes lèvres touchaient les siennes,

pendant que tes bras entouraient son cou,

pendant que les anges de l'éternel amour vous enlaçaient

comme un seul être des liens du sang de la volupté,

vous étiez plus loin l'un de l'autre que deux exilés

aux deux bouts de la terre, séparés par le monde entier.

Regarde-la, et surtout fais silence.

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Folle ! j'ai voulu souffrir en silence, vous consacrer ma résignation ;

j'ai voulu vous cacher mes larmes ;

Folle ! j'ai voulu traverser les mers, m'exiler de France avec vous,

aller mourir, loin de tout ce qui m'a aimée sur ce cœur qui doute de moi.

Folle ! j'ai cru que la vérité avait un regard, un accent, qu'on la devinait, qu'on la respectait !

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On dit qu'il n'y a rien de si rapide qu'un sentiment d'antipathie !

Mais je crois qu'on devine plus vite encore qu'on se comprend et qu'on va s'aimer.

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Pour la première fois de ma vie, j'étais heureux ;

Dieu bénissait mes armes, et la douleur m'apprenait la vertu.

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Vous avez voulu voir jusqu'où allait ma patience,

vous avez mis ma douleur au défi, peut-être pour avoir le droit de me chasser ;

vous étiez lasse de ce triste amant qui souffrait sans se plaindre

et qui buvait avec résignation le calice amer de vos dédains !

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Je m'attendais à ce qu'elle m'avait dit ; ma résolution fut prise aussitôt, et je me décidai à partir.

Je me relevai le cœur navré, mais ferme, et je fis le tour du jardin.

Je regardai la maison, la fenêtre de sa chambre ;

je tirai la grille en sortant, et, après l'avoir fermée, je posai mes lèvres sur la serrure.

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Que vous ai-je fait ?

J'ai fléchi le genou ; je n'ai même pas dit un mot.

Que vous ai-je appris ? vous le saviez déjà.

J'ai été faible parce que je souffrais.

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Quel risque courez-vous en me donnant encore un mois ou deux du seul bonheur que j'aurai jamais ?

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Un mot, lui dis-je, en me levant, un mot, et rien de plus.

Je sais qui vous êtes, et s'il y a pour moi quelque compassion dans votre cœur, je vous en remercie ;

dites un mot ! ce moment décide de ma vie.

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Je n'avais pensé qu'à elle pendant mon voyage, et je perdais toute espérance de l'oublier jamais.

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Je la trouvais maigrie et changée.

Son sourire habituel paraissait languissant sur ses lèvres décolorées.

Elle me dit qu'elle avait été souffrante.

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Nous sentions bien qu'il y avait un tiers entre nous ;

c'était l'amour que j'avais pour elle.

Rien ne le trahissait dans mes actions, mais il parut bientôt sur mon visage :

je perdais ma gaieté, ma force, et l'apparence de santé que j'avais sur les joues.

Un mois ne s'était pas encore écoulé, que je ne ressemblais plus à moi-même.

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Tantôt je lui peignais ma vie passée sous les couleurs les plus sombres,

et lui donnais à entendre que, s'il fallait me séparer d'elle,

je resterai livré à une solitude pire que la mort ;

je lui disais que j'avais la société en horreur,

et le récit fidèle de ma vie, que je lui avais fait lui prouvait que j'étais sincère.

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Tous mes rêves de bonheur, lui disais-je, toutes mes espérances,

toute mon ambition sont renfermés dans ce petit coin de terre que vous habitez ;

hors de l'air que vous respirez, il n'y a point de vie pour moi.

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Ainsi, n'ayant pas même la permission d'avouer ma peine, ma santé achevait de se détruire.

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Depuis deux mois que je perds le repos, la force et l'espérance,

vous ai-je dit un mot de ce fatal amour qui me dévore et qui me tue, ne le savez-vous pas ?

Levez la tête ; faut-il vous le dire ? Ne voyez-vous pas que je souffre et que mes nuits se passent à pleurer ?

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Les malheurs ont leurs symptômes comme les maladies,

et il n'y a rien de si redoutable en mer qu'un petit point noir à l'horizon.

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Ses lèvres entr'ouvertes tombèrent sur les miennes et l'univers fut oublié.

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La Confession d’un Enfant du Siècle,

Alfred de MUSSET

S y n o p s is


Paris 1830.


Octave, trahi par sa maîtresse, tombe dans le désespoir et la débauche : le "mal du siècle".


La mort de son père l’amène à la campagne où il rencontre Brigitte, une jeune veuve, de dix ans son aînée.


Pour Octave, c’est à nouveau la passion.


Mais aura-t-il le courage d’y croire ?


www.premiere.fr

Date de sortie :

29 août 2012


Réalisé par :


Avec :


Durée : 2 heures


Distributeur : Ad Vitam

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