Alfred DE MUSSET
M O N U M E N T S funéraires _____________
La visite commence au Cimetière du Père-Lachaise à Paris (FRANCE), avec des photos de la sépulture de l'écrivain Alfred DE MUSSET.
Puis de celle de Charlotte-Hermine Lardin DE MUSSET, soeur du poète, puis de celle de Paul DE MUSSET, frère du poète.
Après Paris, cap sur La Rochelle et le cimetière Saint-Maurice, (anciennement commune de Laleu), à la découverte du tombeau de Norma Tessum-Onda, fille présumée du poète.
________________________
Dernière demeure
d'Alfred DE MUSSET
Cimetière du Père-Lachaise,
Paris - 11ème arrondissement
FRANCE
Voici deux vues de la sépulture d'Alfred DE MUSSET au Père-Lachaise. La première est un cliché de 1939. Les titres des principales œuvres du poète sont gravés dans la pierre. Ils sont lisibles, ce qui n'est plus vraiment le cas à ce jour. La seconde, plus récente, donne une idée de l'aspect actuel de la tombe.
___________________
A noter sur la première ci-dessous : la taille impressionnante du Saule...
Sur la seconde : à l’arrière-plan, à gauche, on aperçoit une autre sépulture. Avec le haut d’une statue dont on devine le profil.
C’est l’un des autres monuments funéraires de la famille DE MUSSET…

G. Franceschi, cliché de mai 1939,
Image extraite de l'ouvrage
A la gloire de... Musset, par M. Allem.

Le saule n’a jamais réellement prospéré eu égard à la nature du sol, très peu accueillante pour ce type d’espèce.
Son histoire, car il en a une, est lisible dans les éléments biographiques.
___________________
L’autre saule de Musset…
Il y avait sur les Champs-Elysées un arbre presque aussi populaire que le marronnier du 20 mars.
Il vient de mourir.
C’était un saule pleureur qui mirait sa ramure dans une jolie fontaine, près de l’avenue Gabriel.
Une légende attache à ce saule - comme à celui du cimetière - le souvenir de Musset.
On prétend que son feuillage éploré abrita plus d’une fois les rêveries du poète ; on raconte que pour le conserver et par respect pour cette relique, on n’avait point voulu modifier le tracé de l’avenue quand on dota d’une porte monumentale le jardin de l’Elysée…
Journal des Débats - Novembre 1906
___________________
Ci-dessous, détails du buste, de la lyre, dos de la tombe et gravure dans la pierre, etc…

Buste d'Alfred DE MUSSET
par J.-A. Barre,
sculpteur-statuaire
___________________
Verso
de la sépulture de Musset..
Au dos du fronton de la sépulture du poète, on trouve d'abord quelques vers gravés dans la pierre.
Lire le poème :
Au dessous, on découvre les noms, prénoms et dates des parents du poète.
Sans contourner la tombe, il est difficile de le savoir, mais tous deux reposent bien auprès de leur fils cadet.
Ici reposent près de leur fils
Victor Donatien DE MUSSET, 1768, décédé le 8 avril 1832 ;
Edmée-Claudette Guyot-Desherbiers, née le 15 avril 1780,
décédée le 11 février 1864.



_____________

Sur cette vue, la ressemblance entre la sépulture d'Alfred DE Musset et celle de sa fille présumée, Norma Tessum-Onda à la Rochelle, est frappante.
L'une a servi de modèle à l’autre. Indéniablement.
Sous le support qui maintient le buste, on peut distinguer la lyre, autre motif reproduit sur la pierre tombale de Norma Tessum-Onda.

Ci-dessus, la lyre de Paris... à comparer à celle de La Rochelle…
[Voir « Norma Tessum-Onda » ci-dessous]

Sépulture de la sœur cadette
d'Alfred DE MUSSET,
Hermine-Charlotte
LARDIN DE MUSSET.
Cimetière du Père-Lachaise,
Paris - 11ème arrondissement
FRANCE
Très curieusement, lorsque l’on observe la tombe d’Alfred, on voit émerger la statue quelque peu monumentale qui surmonte celle de sa sœur.
Le visage de la statue, son regard du moins, est tourné vers la sépulture fraternelle.
La voici, bien visible.

L’emplacement situé derrière la tombe d’Alfred DE MUSSET est assez restreint. On aperçoit d'ailleurs le petit enclos de fer forgé qui délimite la tombe du poète.
Dernier hommage à Hermine en lui faisant cette petite place, en voisine éternelle de son frère... ?
Il est à noter que la fameuse statue, à laquelle on peut trouver un caractère pompeux, n’est peut-être pas le fait d’Hermine mais le résultat d’une souscription ouverte par la SOCIÉTÉ des AMIS d’ALFRED DE MUSSET (anciennement LES MUSSETISTES).
Il y a là quelque chose d’étonnant dans la mesure où Hermine a survécu à ses deux frères. Paul DE MUSSET, le frère aîné, s’est retrouvé quelque peu « exilé »... Dans le même cimetière certes, mais sa tombe est très excentrée et ne présente aucune fioriture.
On dit qu’Hermine fut la bienfaitrice d’Alfred après le décès de celui-ci. Ce qui n’enlève rien à Paul qui fut, lui, l’ombre de son frère vivant et l’un des ses défenseurs posthumes les plus acharnés.

Sur le fronton, derrière la statue :
Charlotte Amélie Hermine
LARDIN DE MUSSET
Avec pour sous-titre :
Sœur d’Alfred de Musset
1819-1905
Dessous, les vers suivants :
« Celle qui fut toujours la gardienne fidèle /
De la gloire ô poète, et qui pieusement /
Vécut de souvenirs en ton rayonnement /
Doit dormir près de toi dans la paix éternelle ».

Des noms sont gravés sur la partie basse.
A droite, celui de Paul-Anatole Lardin DE MUSSET [fils d’Hermine], Préfet de la Loire (illisible), Officier de la Légion d’Honneur, 1848-1908. A gauche, Mme LARDIN DE MUSSET, née Thérèse LE GOUAS [belle-fille d’Hermine], 1853-1905. La lecture est difficile, la pierre ayant souffert, et étant de surcroît recouverte d’une mousse tenace...
En savoir plus sur Paul-Anatole LARDIN DE MUSSET :
http://noms.rues.st.etienne.free.fr/rues/musset.html
Hermine a épousé Timoléon-Désiré LARDIN le 13 avril 1846, veuf en premières noces en mars 1844, à Angers. On ignore où ce monsieur repose.
A noter aussi que Paul-Anatole LARDIN DE MUSSET et Thérèse-Victorine LE GOUAS sont les parents de Gabrielle (Ernestine) LARDIN DE MUSSET (1876-1943) et de Alice (Albine Madeleine Hermine) LARDIN DE MUSSET, épouse LEDRU (1877-1962) ; cette dernière ayant la particularité d'avoir laissé un recueil de poésie intitulé Giboulées aux Editions Arrault, 1908.

Proximité évidente entre les sépultures…
Autre vue de la sépulture d’Hermine LARDIN DE MUSSET.
On devine davantage l’inscription sur la pierre. Le terrain pentu donne aux photographies cet aspect quelque peu « penché ». Sans compter la présence des arbres qui rend parfois la prise de vue assez difficile.

M O N U M E N T S, suite...____________
Voici quelques vues de la sépulture de l’aîné des DE MUSSET, Paul.
Ici le net problème, que souligne d’ailleurs la photo, est un arbre à l’immense tronc planté devant ( !) la tombe... Il s’agit bien de celle que l’on voit au premier plan et non pas le monument juste derrière.

N’insistons pas sur l’aspect quelque peu sommaire que présente cette sépulture par rapport aux deux précédentes. Elle est réduite à sa plus simple expression, n’a pas de fier fronton agrémenté d’une citation ou de quelques vers comme c’est manifestement l’usage dans la famille. Sobre, elle en devient austère. La pierre, du Kersanton, ajoute à cet aspect un peu lugubre. La gravure, imposante, a souffert du temps. Une couronne de fleurs en pierre, reposant sur quelques livres (de pierre, de marbre ?) ainsi qu’un bouquet (en pierre également) sont ici les seules fantaisies.

L’inscription lisible par endroit l’est malheureusement beaucoup moins à d’autres...
PAUL DE MUSSET
Né le 7 novembre 1804
Décédé le 17 mai 1880
__________________

AIMEE IRENE D'ALTON
Veuve de Paul DE MUSSET
Née le 20 septembre 1811
Décédée le 30 novembre 1881
________
Aimée D'Alton fut l'épouse légitime de Paul ; il faut savoir qu'Alfred et Aimée ont également vécu une histoire d'amour et qu'elle lui a proposé le mariage.
►Voir la page consacrée à Aimée d'Alton
L’union de Paul DE MUSSET et d’Aimée d’Alton
a eu lieu au mois de mai 1861,
soit quatre ans après le décès d’Alfred DE MUSSET.
Il est par ailleurs connu que Paul DE MUSSET eut "une" enfant.
Nulle trace ici de cette enfant, dont s'occupa pourtant Aimée à la mort de son époux…
_____________
Août 2005… L'immense tronc a disparu… !
La mousse a gagné... accentuant encore un peu plus cet abord désolé.



_______________
Octobre 2018…
Réhabilitation, traitements divers…
Si les ornements demeurent, iI n’est plus possible de lire la gravure.
__________________________
M O N U M E N T S, suite et fin...
___________________
Il est à La Rochelle, dans le petit cimetière Saint-Maurice, une sépulture dont on dit qu'elle rappelle très curieusement le monument funéraire d'Alfred DE MUSSET au Père-Lachaise à Paris.
On aurait donc inhumé dans ce cimetière, Norma Tessum-Onda, la fille présumée du poète Alfred DE MUSSET et de la romancière George SAND.
Le nom de TESSUM serait l’anagramme de MUSSET, comme ONDA rappellerait, à une lettre près, le pseudonyme de et créé par George Sand. Le prénom NORMA serait lui l’anagramme du terme ROMAN.
Le message à saisir est peut-être qu’il s’agit là du dernier roman de Sand & Musset. Légende ou supercherie ? Les sources manquant, il est difficile de trancher…
Lorsque l’on pénètre dans le petit cimetière, sans exagérer, on peut dire que l’on ne voit qu’elle. Plusieurs éléments viennent le confirmer. Tout d’abord, elle semble taillée en pierre de Richemont, ce qui fait qu’elle contraste énormément avec les autres pierres tombales. Ensuite, il s’agit bien de la seule tombe à être orientée de la sorte. Toutes les autres lui étant perpendiculaires !

Cette curieuse sépulture a fait l’objet d’une restauration suite à la tempête de 1999. Le cimetière étant classé à l’inventaire des sites remarquables, il semble qu’elle ait été restaurée à l’identique. Il s’agit d’un monument assez mystérieux, doté d’une partie haute. Il est impossible d’affirmer qu’il manque ou non un élément. En effet, le monument n’est pas pourvu de partie basse. De plus, une autre concession, très voisine (moins d’1,40 m) laisse perplexe étant donné qu’il semble impossible de voir se placer une stèle dans un endroit qui manque autant de longueur. Norma Tessum-Onda emporte un certain de nombre de mystères avec elle…


___________________
Quelques détails…
Insistance sur le choix des motifs : une étoile certes, mais une lyre aussi, visible elle, bien auparavant sur la tombe d’Alfred DE MUSSET, à Paris.

Ces figures ne sont sans doute pas originales, mais il semble douteux que l'apparition d'une lyre ici, seize ans plus tard, soit le fruit du hasard…

En dehors des motifs, quatre vers soulignent le nom de la jeune femme.
Pour une meilleure lecture, les voici reproduits ci-dessous.
O mort, ô tombe, pourquoi vous craindre ?
O mortels insensés pourquoi vous plaindre
La mort mais c’est la liberté !
Qui prend son vol vers l’immortalité

Le dernier détail marquant de la bien curieuse sépulture de Norma-Tessum Onda est la gravure de la devise de Jacques CŒUR, dont on ignore pourquoi elle se trouve là.

J. CŒUR (1395-1456), négociant français et argentier de Charles VII. On connaît de lui un magnifique palais à Bourges qu'il fit construire et qui porte d'ailleurs son nom.
Rappelons, à toutes fins utiles, que Nohant est situé à une soixantaine de kilomètres de Bourges.
___________________
En savoir plus sur Norma TESSUM-ONDA
___________________