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sans date
Henry Dwight Sedgwick, Alfred de Musset, Press of Braunworth & Co., Inc. Book Manufacturers, Brooklin, N.Y., 1931.


Le Magasin pittoresque,« Quand Alfred de Musset fit la connaissance de ce second château, La Bonnaventure, aux environs de Vendôme, il avait douze ans. Et il fut si frappé par ses tourelles et ses grands arbres, qu'il fit le dessin que nous reproduisons. Ce très curieux document fut donné par un membre de la famille de Musset au curé du petit village de Mazangé - la Bonnaventure fait partie de cette commune - et il est maintenant entre les mains de M. l'Abbé Paul Calendini, directeur des Annales Fléchoises, que nous remercions de sa très obligeante communication, ainsi que la Société des Mussetistes, qui nous a prêté son cliché ».


Voici Louise Bouvier,
« cette maîtresse d'assassin qui, vers 1830, fut condamnée à la prison
pendant que son amant était envoyé à l'échafaud. Elle fut transportée à Clermont.
La Maison centrale avait alors pour directrice une cousine d'Alfred de Musset, qui
allait souvent à Clermont. Le poète a fait le portrait demi-nature de la
prisonnière.
Louise Bouvier est en fichu, gros sabots, les deux mains dans ses poches.
Tenue crâne jusqu'à l'insolence, jolie tête couverte d'un madras fermé par un large
nud ; sous des traits vraiment beaux, une expression des plus vicieuses
».




Le 23 septembre 1827, Château de Cogners.« Voici les tristes réflexions que j'entretiens. Mais j'ai l'esprit français, je le sens. Qu'il arrive une jolie femme, j'oublierai tout le système amassé pendant un mois de misanthropie. Qu'elle me fasse les yeux doux en coulisse, et je l'adorerai pendant, au moins six mois ».
Le jeune homme s'ennuyait, en vacances chez un oncle qu'il adorait pourtant. Il était à ce moment sa seule compagnie, suite au décès de la grand-mère de Musset. La lettre est amusante et frappante de jeunesse...
« Comment me laisse-t-on ici si longtemps ? J'ai besoin de voir une femme ; j'ai besoin d'un joli pied et d'une taille fine ; j'ai besoin d'aimer. J'aimerais ma cousine, qui est vieille et laide, si elle n'était pas pédante et économe. Je t'écris donc pour te faire part de mes dégoûts et de mes ennuis. Tu es le seul lien qui me rattache à quelque chose de remuant et de pensant ; tu es la seule chose qui me réveille de mon néant... »





« On sait qu'au génie de sa plume Alfred de Musset joignait avec autant d'aisance que d'esprit le talent d'un crayon charmant, dont on a souvent reproduit les plus heureuses réussites. Musset n'était d'ailleurs pas le seul de nos écrivains romantiques à pouvoir donner à ses rêves cette autre forme d'expression sur le papier : s'il n'avait été grand poète, Hugo eût pu faire un grand peintre ; Gautier, avant d'écrire, avait début par l'atelier de Rioult ; Mérimée a laissé d'adroites aquarelles. On aimerait à voir réuni quelque jour en un album ce complément graphique de l'œuvre écrite de nos maîtres, qui souvent donnerait de très utiles renseignements sur leur façon de voir et d'observer ».
Emile Henriot, L'Enfant du Siècle, Alfred de Musset, Paris, Editions Amiot-Dupont, 1953.[...] « un fond de technique excellente, impliquant autant de savoir que de don. Certains portraits à la mine de plomb, de George Sand, notamment, attestent son habileté à bien saisir un caractère et même à dégager le style d'un visage. Ce sont des morceaux choisis d'un homme qui aimait les arts, et qui avait un goût particulier pour la peinture, maintes fois témoigné dans ses écrits ; » [...]

Alix de Janzé, Etude et Récits sur Alfred de Musset, Paris, Librairie Plon, 1891.« Alfred de Musset disait quelquefois qu'il aurait voulu être un grand peintre, et qu'il devait peut-être à son amour de la peinture le coloris brillant qu'on remarquait dans ses écrits. Ainsi Lamartine, dans un de ses entretiens, dressant la liste des grands écrivains de 1830, inscrit « Musset comme le Corrège du coloris sur les dessins trop voluptueux de l'Albane ». Si Musset n'était pas peintre, il dessinait du moins avec facilité, et il possédait le talent dangereux de la caricature, sûr moyen de se brouiller avec ses amis si l'on s'attaque à eux, car on ne s'amuse guère des railleries dont on est l'objet ».


