I
Déesse aux yeux d'azur, aux épaules d'albâtre,
Belle muse païenne au sourire adoré,
Viens,
laisse-
Ton front qui resplendit sous un pampre doré.
Vois-
Là, je t'embrasserai sous le clair firmament,
Et
de la tiède nuit la lueur argentine
Sur tes contours divins flottera mollement.
II
Si
la flèche envenimée
Ne peut sortir de mon flanc,
La main de ma bien-
Peut en essuyer
le sang.
III
Vous demandiez un impromptu.
Je l'ai tenté, mais n'y réussis guère.
Soyez
sûre que pour vous complaire
Je l'aurais fait si j'avais pu.
A votre tour, essayez
ma maîtresse,
Et faîtes-
d'une douce et vieille tendresse
Un impromptu
toujours nouveau.
IV
Ayant passé la nuit à rimailler,
Malade encore de la Métromanie,
Je
voudrais bien, sur le cœur de ma mie,
Tranquille et sage aujourd'hui sommeiller.
Sage,
ai-
Venez, ma belle, et je vous en défie ;
Entrez chez
moi sans m'éveiller.
Composé en 1837 ou 1838, ce poème est resté privé ou seulement
publié dans une revue.
Il figure aujourd'hui parmi les poésies posthumes.
C'est le
ton d'une conversation, ou plus encore celui d'un billet doux que l'on perçoit ici.
L'invitation
du poète, à peine déguisée, fait encore sourire...
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Charmant petit moinillon blanc,
Je suis un pauvre mendiant.
Charmant petit moinillon
rose,
Je vous demande peu de chose.
Accordez-
Charmant petit moinillon
blanc.
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Charmant petit moinillon rose,
En vous tout mon espoir repose.
Charmant petit moinillon
blanc,
Parfois l'espoir est décevant.
Je voudrais parler mais je n'ose,
Charmant petit
moinillon rose.
![]()
Charmant petit moinillon blanc,
Je voudrais parler franchement.
Charmant petit moinillon
rose,
J'ai peur que le monde n'en glose.
Il me faut donc être prudent,
Charmant petit
moinillon blanc.
![]()
Charmant petit moinillon rose,
Je ne sais quel démon s'oppose,
Charmant petit moinillon
blanc,
A ce qu'on dorme en vous quittant.
N'en pourriez-
Charmant
petit moinillon rose ?
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Charmant petit moinillon blanc,
Il faut que votre œil en passant,
Ait fait une métamorphose,
Charmant
petit moinillon rose,
Car je ronfle ordinairement,
Charmant petit moinillon blanc.
![]()
Charmant petit moinillon rose,
L'homme propose et Dieu dispose,
Charmant petit moinillon
blanc,
Jamais un proverbe ne ment ;
Permettez donc que je propose,
Charmant petit moinillon
rose.
![]()
Charmant petit moinillon blanc,
Quand l'un donne et que l'autre rend,
Charmant petit
moinillon rose,
Personne à perdre ne s'expose :
Et c'est le cas précisément,
Charmant
petit moinillon blanc.
![]()
Charmant petit moinillon rose,
Si vous me donniez, je suppose,
Charmant petit moinillon
blanc,
Votre étui noir brodé d'argent,
Je vous rendrais bien quelque chose,
Charmant
petit moinillon rose.
![]()
Charmant petit moinillon blanc,
Je vous rendrais, argent comptant,
Charmant petit moinillon
rose,
Ce que mes vers, ce que ma prose,
Pourraient trouver de plus galant,
Charmant
petit moinillon blanc.
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Charmant petit moinillon rose,
Jamais la fleur à peine éclose,
Charmant petit moinillon
blanc,
N'aurait eu pareil compliment.
Je ferais votre apothéose,
Charmant petit moinillon
rose.
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Méchant petit moinillon blanc,
Vous direz "non" certainement.
Méchant petit moinillon
rose,
Vous trouverez qu'à cette clause,
Vous perdez infailliblement.
Méchant petit moinillon
blanc !
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Hélas ! petit moinillon rose,
Mon coeur est pour vous lettre close,
Hélas ! petit moinillon
blanc,
Il pourrait vous dire pourtant...
Mais, sur ce, je fais une pause,
Hélas ! petit
moinillon rose.